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SEX AND DRUGS

jeudi 6 février 2014, par Sophie

Petite nouvelle de ANN SCOTT tirée du fanzine "serial series" N°1 tiré à 8 exemplaires en août 96. A Delphine.


"Toi, j’vais t’enculer" elle dit en même temps que sa cigarette s’écrase doucement sur ma main.(...)

Gael me tient par la main, se retourne sans arrêt pour vérifier qu’on n’est pas suivies. On traverse le boulevard entre les voitures, on rattrape la rue Saint-Denis, marche-extinction des néons, odeur de frites. Il y a des sex shops tous les trois mètres. Celui-ci, non celui-là, non là-bas ! Avant de passer le rideau, Gael m’attrape le visage à deux mains et me roule une grosse pelle.
Je reste à l’entrée, incapable de détacher mes yeux d’un écran en hauteur qui montre une femme à genoux en train de se faire gicler dans les cheveux.
Pour entrer dans la première porte cochère qu’on repère il faut un code. La porte du second s’ouvre. J’ai à peine le temps d’allumer que Gael me pousse contre le mur et sa bouche revient se calquer sur la mienne. Sans cesser de tourner la langue elle sort la boite du sac, de la boite le gode, le tube de lubrifiant, je m’écarte pour me débarasser de mes chaussures, dégager mes jambes du collant, la lumière s’éteint en même temps que Gael me repousse contre le mur et relève ma cuisse qu’elle cale sur sa hanche.
J’essaye d’onduler du mieux possible pour que quand la partie en moi se rétracte, celle en elle s’enfonce vraiment plus. Ca a l’air de marcher, au fur et à mesure elle commence à haleter. Mais elle me creuse trop fort, un rythme dans sa tête qui n’est pas du tout le même que le mien. Et puis brusquement elle ressort, me fait pivoter.
"C’est pas croyable ! elle gueule. C’est du Barry White que t’as dans la tête ou quoi ?" et elle entre direct, m’arrachant un cri de douleur. Elle empoigne mes fesses pour venir plus profond encore, ma main cherche à descendre mais elle m’en empêche, me la tord dans le dos, elle me tient pas les cheveux avec sa langue enfoncée dans mon tympan, "t’aime ça te faire enculer, hein ?" la lumière jaillit. Je perçois un murmure et la porte qui se referme. Elle ralentit la cadence. De longues et lentes poussées qui me déchirent, me donnent envie de fondre en larmes, de lui dire à quel point ça m’excite qu’elle me traite comme ça...
Quand elle rallume, il me faut quelques secondees avant de pouvoir ouvrir les yeux complètement. Je me laisse glisser le long du mur, m’assied sur mes talons, puis lève les yeux sur son énorme bite noire dressée en pleine lumière et commence à me marrer. Vexée, elle en défait rapidement les attaches et la balance à l’écart. Je ris tellement que ça me plie en deux. Entre deux hoquets, je l’entend allumer une cigarette et le craquement de ses genoux quand elle s’accroupit devant moi.
Toute la douceur du monde dans la main qui caresse ma nuque...
Mes mâchoires sont douloureuses comme si je continuais de rire, sauf que je ne ris plus, en relevant la tête je suis en larmes.
"J’en peux plus, je balbutie. J’en peux plus qu’on se cache comme ça.
- Je sais ma puce, elle soupire en appuyant son front contre le mien.
- Gael, je t’en prie, je murmure en éclatant en sanglots. Je veux aller me coucher. Je veux que tu rentres avec moi. Que tu t’installes chez moi. Viens t’installer à la maison. Je t’en prie."
Elle se redresse, "allez viens, elle dit en me tendant sa main, tu sais bien qu’il faut qu’on y retourne."


site s’ann scott

wiki scottie

L'avis FFF:

Publié le 21 janvier 2009 dans Foleffet. Delphine forever.

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23 messages
  • Sophie , et après tu prétend etre une lesbienne vanille !
    A d’autres ! _ ;-)

    Voir en ligne : http://blondbizar.20six.fr/

    • Les fantasmes n’ont rien à voir avec la réalité, c’est pas à toi que je vais apprendre ça, Emy !!!

      • très touchée...
        mais comme tu dis, tiré à 8 exemplaires donc fait pour être perdu tellement c’était mauvais, ou éventuellement gardé par une des sept autres personnes, mais pas vraiment fait pour atterrir sur internet treize ans plus tard...
        AS

        • AS : l’auteure nous ferait-elle signe par delà les années ? AS, j’aime ce texte, d’où il vient, ta dédicace, l’histoire...dommage que tu ne souhaites plus le faire partager. Veux-tu que je le retire du site ?

    • Si je puis me permettre, je crois franchement que je préfère lire ce texte d’Ann Scott, et ainsi développer mes propres fantasmes, que de voir ces images... mais bon, chacune son truc...

      Amicalement.

      • Mm ben ça dépend des fantasmes Soph
        Certains peuvent rejoindre la realité !
        On en reparlera au diner de vendredi avec nos meufs , pour voir ;-)
        Quand à "Pupuce" , je te tiens au courant si jamais j’entend parler d’une projection d’Lword entre quiches !

        • C’est gentil ça " "... Pourvu qu’il n’y ait pas trop de lard dans les quiches.... ;)

          • Tiens je viens de retrouver ça..ça fait du bien de le voir écrit. Merci AS !
            http://n-r-v.over-blog.com/article-4126474.html

            • Je viens d’écrire quelques babioles dans le sujet L WORD D WORD concernant l’apologie de la bière, de l’alcool, donc d’une certaine drogue...

              Je n’ai pas le verbe d’Ann Scott.

              Mais je reste déconcertée par cette pseudo "trashitude" à se défoncer à la bière, et prétendre en même temps faire la fête.

              Alors merci pour ce lien, et ce texte.

            • J’ai lu l’hommage sans en lire le titre. Et j’ai tout de suite su de qui AS parlait.

              Et j’ai envie de dire : "Bah ouais.."

              A partir de quand prend-on conscience de la fragilité de l’existence ? Quand on a pris un abonnement pour les enterrements des copains avant qu’on ait eu 15 ans ? 20 ans ? 30 ? Et plus on avance plus la fin des autres comme la sienne est proche. C inévitable.

              En faisant la conne sur le bitume croyant son crâne plus solide qu’un parechocs ? ou en croisant des cornichons ne valant rien en pensant que ta vie vaut encore moins que la leur ?

              Ouais s’il faut des moments pour être lâche, c’est bien ceux-là, et fuir, tourner les talons pour se donner une vraie chance, celle de ne pas râler sur une vie qu’on se pourrirait tout seul. Déjà que fumer tue (rahh fo k’jarrete !) la vie tue aussi et fait bien plus de victime.

              Le chemin est long quand on s’emmerde, quand on attend après les autres ou un miracle. Alors vivre tout de suite, meme pas longtemps si la vie est ainsi, mais putain VIVRE et pas mourir à petit feu, connement dans sa tête...

              Il faut que le malheur des uns serve au moins à quelque chose.

              • Je crois que le malheur ne sert jamais à rien ni à personne.

                • Pour le "jamais", "rien" et "personne" tu as tord. Et je ne crois pas sophie, je le sais.

                  On peut difficilement faire l’expérience de la mort pour en revenir et décider de tout faire pour plus la chercher. Ceux qui sont partis ne reviennent jamais.

                  J’ai pas envie de me dire "si j’avais su" parce que je le savais.. Et ce que je ne sais pas je veux l’apprendre. Ce serait trop con d’être à deux doigts et de tout foutre en l’air parce qu’on n’a pas regardé où on mettait les pieds. Avant les autres g pas envie de me mentir à moi mm.

                  S’il y a un après je m’en balance, c maintenant que je veux qu’il se passe qlqch car pour etre honnete c pour prendre son pied qu’on prend des risques.

                  Alors je mise aujourd’hui ma vie sur d’autres ivresses, plus durables et constructives. Parce que je vaux plus que tout ceux qui se fichent pas mal de ce que je fais.

                  Vivre sa life, et esperer que ceux qui ne le comprenne pas en face autant.

                  Le malheur sert à réagir quand on prend la peine d’y réfléchir.

                   

                  "dur-dur" &kipon2

                  • Je pense que réduire la phrase de Sophie à « je crois que le malheur... » c’est un peu réducteur, non ? Oui, le mal heurte. Mais j’imagine que ce que voulait dire Sophie était un peu plus subtil que ça....

                    Ton post est intéressant et tu sembles avoir les pieds sur terre et la tête sur les épaules, mais à la fin, on a l’impression que tu parles d’un problème de maths.... Il suffit de réflechir un peu et hop, on trouve la bonne réponse....

                    Parce que là, que les choses soient claires, il s’agit bien de cette satanée daube qu’est la drogue.

                    Pour moi, la vraie question est : Quand tu es confronté au même problème qui a conduit à ce malheur, dans quelle mesure ce malheur va t-il te permettre de réfléchir, et dans quelle direction cette reflexion va -t-elle te conduire ?

                    Alors pour toi, green mouse, je choisis cet exemple : une souris se retrouve devant un morceau de gruyère qui lui promet monts et merveilles à la dégustation, mais il est coincé dans un énorme piège. Si elle mange ce magnifique morceau d’emmental, l’issue est automatiquement fatale.

                    Pour la souris A (cas le plus général), la pure et simple réflexion conduit au demi-tour. La peur de ce piège, qui représente le malheur, est plus forte que le désir de goûter au plaisir.

                    Mais parfois, cette peur peut aussi générer de l’adrenaline, conduisant à la tentation de prendre du plaisir, celui de déguster, mais aussi celui de déjouer la fatalité.

                    Alors la souris B, tout en faisant le tour du GRAAL piégé, va plutôt réfléchir à « comment éviter ce piège », puis ce dire qu’en mordillant un peu sans aller trop loin, elle pourra s’en sortir, avant que le piège ne se referme sur elle... Ainsi devant cette merveille, aveuglée par la tentation et concentrée sur son plaisir à venir, elle ne voit plus le malheur du tout...

                    Le truc ensuite c’est que la souris B, sous l’effet de l’ivresse de la dégustation, se sentant forte de ses succès à avoir déjoué les précédents pièges, elle va prendre de plus grands risques. Et c’est là, quand elle n’a plus aucune réflexion devant le piège, que le malheur arrive.

                    Tu fais sans doute partie de la catégorie A, green mouse.
                    Mais il existe aussi la catégorie B. Dans laquelle le malheur de l’autre ne sert à rien...

                    L’ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s’est pas encore présentée à lui. Paul Valéry

                    • Non puce, tu aurais dû dire "réduire ses propos à « jamais », « rien » et « personne »". Oui le malheur heurte mais chacun de façons différentes, selon son "expérience"... Loin de moi l’envie ni la prétention de donner des leçons ni à toi, puisque tu sembles savoir ce que c’est de décider de résister, ni à Sophie dont le regard est à mon sens souvent justifié. Mais pour une fois elle a tort, et j’aurais pu me taire ou, tout simplement le dire ainsi sans autre commentaire, mais à ce compte là à quoi ça sert ?

                      Si je suis encore là aujourd’hui pour que vous puissiez, ou ne pas me comprendre, ou ne pas être d’accord, c’est que certaines personnes ont saisi l’occasion de me dire ce qu’il avait à dire en me laissant libre d’en faire ce que je voulais, ou pouvais. Et j’ai mis du temps.

                      Je n’ai pas tant les pieds sur terre, et ma logique n’est pas si mathématique, quoique, en algèbre il existe les nombres relatifs, les faux problèmes et racine de -1…

                       

                      Le post qui précède celui de so, pour qui me connaît un tantinet, sait bien que dans ce que j’ai vécu, les « malheurs » des uns ne m’ont pas nécessairement servi de leçon. Si j’ai pas tant les pieds sur terre, j’ai sans doute pris davantage racine, la tête planant dans de meilleurs cieux.

                      La came, oui. Poison attrayant. Et dans mon malheur j’ai envie de dire que j’ai eu beaucoup de chance. Oui c’est la chance qui m’a menée jusqu’au jour où j’ai dû faire un choix. La lassitude, le cercle vicieux, redondant d’amour/haine des paradis artificiels, m’ont amenée à ce constat plein de sens : soit je replonge et j’en connais la fin, le chemin, les emmerdes, pour un peu de bien-être, de plaisir, et tout ce que j’entreprendrai finira toujours dans au même endroit, raison inexorable pour penser que se battre ne sert à rien. Soit je vais chercher les éléments qui me manquent et dont j’ai inexorablement besoin pour avancer. Je suis arrivée chez celui qui deviendra mon analyste avec cette explication : « voilà, je suis sur la tranche, sur le fil, sur le point de tout répéter et j’en ai marre, je suis fatiguée, je sais déjà tout ce qui va se passer, et si ça continue je finirais par y rester. Je suis sur le fil et sur le point de tomber, à droite, ou à gauche. D’un côté j’en connais tous les rouages, de l’autre je sais d’autres opportunités, mais je n’ai aucun moyen, aucun outil pour tomber là où je l’ai choisi. Et je sais que je ne sais pas tomber du bon côté, sinon j’y serais déjà arrivée. Je suis ici pour m’éviter de tomber du mauvais. »

                      Aujourd’hui, je dois dire que je suis encore sur le fil, et c’est tout ce que j’en attendais. J’ai encore de gros moments de doute, mais j’ai en face une pointure, nécessaire pour réaliser mon transfert. En ça aussi j’ai eu de la chance.

                      J’ai eu de la chance aussi à 18 ans, face à l’héroïne, d’avoir été entourée à ce fameux tournant de ma vie, car c’était la suite logique de tout ce que déjà je m’étais envoyé. Plus tard j’ai appris ce que réellement c’était, et quand je l’ai croisé à nouveau je me suis dit qu’il serait plus honnête et plus rapide de me tirer une balle dans la tête, et j’étais pas décidé. De vivre, d’exister non plus je vous dirais, c’est arrivé bien plus tard, sur le divan, et sans nécessairement le décréter.
                      Non c pas l’héro qui m’a piégé, un « accident » de CC m’a bien plus tardivement achevée.

                      C’est juste qu’à un moment donné, lorsqu’un choix s’impose, savoir par l’expérience des autres, ou l’enseignement de leur malheur, ou du « bonheur » des autres, ce qui va se passer, c’est avoir confiance non pas en ce qui nous veut ni de bien, ni de mal, mais en ce qui fait toute l’histoire de l’humanité… (bon j’extrapole)

                      Je suis encore sur le fil, mais je suis tournée du bon côté.

                      Il n’y a pas de souris A ou de souris B. Pour reprendre ta métaphore, je dirais que de souris A on passe à souris B, ou à souris 0 pointé. Si certaines de nos vies ne nous programment pas pour faire face à tous les dangers, les bonnes rencontres peuvent nous sauver comme les mauvaises nous tuer. C’est le hasard de la vie, la magie de l’internet aussi lol
                      Comme raconte un copain, un bruit lui a sauvé la vie, celui d’un train qui passait et qui l’ai fait revenir du trou dans lequel il était en train de s’enfoncer, effondré dans un buisson, la main encore accrochée à une branche. Cette branche et le soutien des gens qui l’aimaient l’ont envoyé chez ses cousins les bonzes se sevrer de 4 ans de substitutifs. Aujourd’hui il est amoureux, plus libre de ses mouvements puisqu’il n’a plus d’ordonnance à présenter, et au chômage, mais il est sûr désormais que c’est pas l’héro qui va le tuer, et c toujours ça de gagner.

                      Je suis sevrée de tout traitement seulement depuis le mois de novembre, et depuis le début de mon analyse mes petits pas en inaugurent d’autres. Il ne me reste que le tabac, et quelque nicorette pour tenter en ce moment de respirer. Je devrais arrêter. Ne serait-ce pour prolonger ma vie, mais tout ce que je fais c’est de vivre aujourd’hui.

                      Une souris affamée sera toujours tentée par un carré troué. Et si elle était dotée d’un cerveau humain elle serait capable de faire le choix de cultiver son potager pour ne pas tomber dans le piège dans lequel elle a vu ses copines affamées se faire écrabouiller.

                      Le plaisir, le bien-être, comme si c’était déterminé !!! Ca s’apprend c’est tout, et plus apprendre est tardif, plus c’est long à assimiler. CQFD. CQF c un peu de patience...

                      Toute drogue est en soi un substitutif. Le tout est de substituer une drogue meurtrière par une dépendance plus constructive. Et l’ivresse que j’ai choisie est sans doute celle que nous cherchons tous, beaucoup moins nocive, mais non sans pièges à éviter. On ne meurt pas d’aimer, et l’orgasme n’a pas de descente si on sait avec qui on va coucher.

                      Je n’ai jamais cru à la vieillesse avec l’être aimé. Aujourd’hui je n’y crois pas davantage, mais j’en ai envie, et c’est une nouveauté. Et si la notion d’espoir ou de miracle avait régi ma vie, j’arrêterai de fumer, ne serait-ce que pour ne pas imposer les conséquences de toutes ces années dans une vie partagée. Mais pour le moment je n’ai aucune raison de le faire.

                      Mon tabagisme reste morbide, je le sais. Faut croire que j’ai encore des choses à régler.

                      J’ai appris et apprends encore de la vie des autres, qu’on ne connaît de toute façon jamais en un post sur le net. J’ai écouté, j’ai mis du temps à entendre pour venir, en cette detestable fête commerciale, étaler ma vie.

                      On apprend jamais des autres, seulement des expériences que l’on fait soi-même. Mais quand viennent les moments de lucidité, la mathématique ne se trompe jamais. Et quand viennent les moments de choix, mieux vaut écouter sa conscience. Car il existe d’autres moments, où il faut, comme on m’a dit un jour, « juste écouter son cœur ».

                       

                      Alors sophie, pourquoi :

                      -  « jamais » : l’héro ou l’exemple cité plus haut
                      -  « rien » : toujours là
                      -  « personne » : moi

                       

                      se taire ou commencer un discours qui n’en finira jamais, la souris B ayant le cerveau rongé par une promesse trouée. Que fallait-il faire ? Surfer ailleurs pour avoir été lâche sur un sujet ?

                       

                      « L’ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s’est pas encore présentée à lui. » Paul Valéry

                      c toi qui l’as dit